L’art vidéopictural naît d’un constat simple : le réel ne se laisse pas épuiser par une seule vision, ni par une seule palette. L’œil humain est ponctuel, intime, limité — et pourtant, nous faisons comme s’il suffisait. La technologie, elle, ouvre un champ d’extension : non pas pour “remplacer” l’humain, mais pour agrandir le territoire du visible, sans attendre une hypothétique mutation biologique. Et il n’y a rien de mal à cela. D’autant que, physiquement, nous ne voyons déjà jamais exactement la même chose.

Le regard s’enrichit aussi de l’intérieur : de l’état d’esprit, de l’adaptation, de ce qui échappe aux pensées binaires. Je prends donc le contre-pied d’une époque obsédée par la perfection lisse : je veux que l’observateur perçoive la part active de la machine, qu’il voie le travail — et qu’il y entre. Là se joue une libération : celle de la perfection toujours dépassée, et de la lassitude rapide qu’elle produit.

“Tout a été fait”, dit-on. Oui… et non. Parce que nous évoluons, et que nos besoins de compréhension changent. Chaque avancée technique réoriente la sensibilité : elle métisse nos sens et pousse la perception vers une forme de vie plus riche, plus complexe — consciemment ou non.

Tout commence alors par une question : celle que pose la plus petite voix. Et l’œuvre n’existe vraiment que si l’on accepte d’y répondre en dépassant les cadres établis, avec l’effort du long terme, la confiance, et la curiosité pour l’inconnu.

  • La vidéopeinture prolonge les procédés analogiques (peinture, photographie) par des procédés numériques complexes — avec leurs limites actuelles — mais surtout avec leur puissance : une part d’enchantement, de rareté, de prouesse, et une intelligence artificielle non comme gadget, mais comme levier de perception.

  • L’ordinateur ne fait pas qu’émanciper l’œuvre du support : il agit sur elle, il la contraint, il l’anticipe. Il est mon prolongement mécanique comme je suis son prolongement humain. Imaginez un “pinceau” qu’il faut apprendre à contrôler par alternance, pour déposer plusieurs couches de réalité — et, à la fin, obtenir un ensemble cohérent, lisible, beau. Ce résultat n’est pas accessible par les moyens classiques.

  • Complémentarité : ni la photo ni la peinture ne peuvent produire ce type de mouvement. La photo fige une strate. La vidéo déroule un temps linéaire (image après image). Ici, le temps se plie : des ponts se créent entre l’objectif, le subjectif et le suggéré. La perspective devient une expérience. Le mouvement devient une profondeur.

Nous entrons peut-être dans une nouvelle ère analogique : celle où l’on ne fait plus qu’un — avec la machine, avec les autres, avec l’environnement — sans même s’en rendre compte. Et si cela fonctionne, c’est parce que l’œuvre reste ouverte : elle n’impose pas, elle propose.

Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, l’approche vidéopicturale s’inscrit dans une réappropriation personnelle du monde, en dialogue avec l’idée d’un surréalisme réactualisé. Les grandes lignes de cette pensée sont développées dans la section   Manifeste .


 Séries d’œuvres 

La Ville Bleue
Projet5

Scellé: 2025

Odoo- Echantillon n° 2 pour trois colonnes

Carrousel
Projet4

Scellé: 2016


 

Odoo- Echantillon n° 3 pour trois colonnes

Balade nocturne dans la Vieille Ville
Projet3

Scellé: 2015





Odoo - Echantillon n°1 pour trois colonnes

Balade à la source du Val D'Enfer
Projet1

Scellé : 2014

Odoo- Echantillon n° 2 pour trois colonnes

La Lectrice
Projet5

Scellé : 2018

Odoo- Echantillon n° 3 pour trois colonnes

Balade avec Artbre et Neije
Projet2

Scellé : 2022